Reprise économique : où trouver de bonnes occasions
L'année 2009 tire déjà à sa fin. C'est le moment idéal d'analyser les tendances qui se dessinent lorsqu'il est question de l'économie et des marchés financiers. Que vous soyez un investisseur ou un entrepreneur ou que vous vous apprêtiez à prendre des décisions financières d'ordre général dans les prochains mois, l'évolution de la conjoncture aura une incidence sur votre situation.
L'équipe d'analystes de la Banque Scotia estime que le pire est maintenant derrière nous, alors que la base qui nous permettra de se sortir de l'une des pires récessions depuis des décennies se montre relativement solide. Il faut cependant éviter de se montrer trop optimiste et de commencer à croire que la reprise n'affichera aucun soubresaut. Après tout, certains des risques à l'origine du repli persistent, et certains autres risques se présentent, alors que les responsables des orientations politiques à l'échelle mondiale commencent à détendre certaines mesures d'urgence mises en place afin de limiter l'ampleur du repli, qui aurait pu s'avérer beaucoup plus importante.
L'économie
«Les Canadiens peuvent être soulagés
que la tempête économique et financière qui a fait
des ravages dans un grand nombre de pays n'ait pas affiché la même
intensité destructrice ici. Nous devrions aussi nous réjouir
que la reprise économique soit sur le point de s'amorcer pour prendre
de la vigueur au cours des prochains mois», indique Warren Jestin,
économiste en chef de la Banque Scotia.
«L'autre bonne nouvelle, c'est que les données fondamentales
concernant le Canada s'avèrent aussi bonnes que dans tout autre
pays, sinon meilleures,» poursuit M. Jestin. La reconstitution des
stocks sera le principal fer de lance du redressement de l'économie,
ce qui aura pour effet d'amener de nombreuses entreprises à accroître
leur production à la suite des coupures drastiques effectuées
durant les mois les plus sombres de la récession, à la fin
de 2008 et durant le premier semestre de 2009. Les constructeurs d'automobiles,
par exemple, relancent des usines fonctionnant au ralenti. Selon M. Jestin,
les dépenses publiques, notamment les dépenses pour des
projets d'infrastructure déjà annoncées joueront
aussi un rôle important.
M. Jestin ajoute toutefois que la reconstitution des stocks et l'augmentation
des dépenses publiques ne garantiront pas à elles seules
une progression vigoureuse et durable de l'économie. «Au
cours de l'hiver et du printemps, cependant, les consommateurs reprendront
confiance et les dépenses s'accroîtront graduellement, ce
qui aura pour effet de vraiment raviver l'économie, ici et dans
les autres grandes nations du monde.»
Les marchés :
Stephen Uzielli, gestionnaire de portefeuille au sein du Groupe conseil
en portefeuilles de ScotiaMcLeod, croit pour sa part qu'il faut aussi
faire preuve d'un optimisme prudent à l'égard des marchés
boursiers.
Même si les marchés indiquent clairement que le pire de la
tempête économique est passé et que l'on ne devrait
plus reculer aux niveaux enregistrés par les marchés boursiers
au mois de mars, M. Uzielli estime que les fluctuations importantes que
nous avons connues ont été des réactions exagérées,
d'un extrême à l'autre.
Tout d'abord, les marchés se sont emballés à la baisse,
puis ce fut carrément l'inverse.
«Les investisseurs se disaient que tout ce qui pouvait aller mal
dans l’économie mondiale allait mal.» dit-il.
«De toute évidence, tout ne pouvait pas aller mal et nous
en avons eu la preuve. Par la suite, lors du rebond, à certains
moments la remontée des actions était si forte, comme si
les investisseurs se disaient que tout ce qui pouvait bien aller irait
bien. Bien entendu, ce n’est pas un scénario probable non
plus.»
M. Uzielli prévient qu'il y aura des replis en cours de route à
la lumière des rapports économiques et qu'un rebond plus
faible que prévu pourrait en être l'élément
déclencheur.
Comment profiter de la reprise :
Warren Jestin et Stephen Uzielli nous indiquent quatre façons
de tirer profit de la reprise au cours des prochaines semaines et des
prochains mois :
1. Il ne faut pas s'attendre à une hausse marquée de l'inflation
ni à un relèvement des taux d'intérêt à
court terme. Seuls les taux des obligations d'État à plus
longue échéance devraient progresser. Cela signifie que
les taux hypothécaires fixes à plus long terme risquent
d'augmenter au cours de la prochaine année.
2. Le dollar canadien devrait continuer de se renforcer sous l'effet de
la hausse du prix des matières premières et de la reprise
des exportations canadiennes. Le huard demeure très volatil, mais
il pourrait bien revenir à parité avec le dollar américain,
ou même le dépasser si ce dernier continue de fléchir
par rapport aux autres monnaies, alors que les énormes déficits
fiscaux et commerciaux des États-Unis préoccupent de plus
en plus les investisseurs à l'échelle mondiale.
3. Les actions demeurent très attrayantes pour les investisseurs
ayant des objectifs à long terme. Les marchés boursiers
ont enregistré des hausses importantes par rapport aux creux atteints
en mars 2009. Il ne faut pas s'attendre à ce que la croissance
se poursuive au même rythme, mais si l'on de fie aux données
fondamentales, on constate que le marché actuel est peut-être
surestimé, mais pas surévalué.
4. Les reculs des marchés boursiers, qui sont peu susceptibles
d’être prononcés ou de longue durée, seront
inévitables. C'est à ce moment que les investisseurs auront
l’occasion d’augmenter leur exposition aux actions.
Pour consulter d'autres points de vue des experts de la Banque Scotia,
visitez le site aidezmoiainvestir.banquescotia.com.
