L'évolution de l'économie
mondiale :
pourquoi sommes-nous concernés?
On a beaucoup parlé de l'émergence de la Chine et de l'Inde au rang de puissances économiques mondiales au cours des dernières années. Les effets de ces changements se sont fait sentir ici-même avec la baisse des prix des biens importés, une concurrence accrue pour nos entreprises manufacturières et une forte demande pour nos ressources naturelles.
Dans son plus récent bulletin Perspectives économiques mondiales, intitulé Rencontre du nouvel âge et de l'âge d'or, le service Études économiques Scotia examine les effets du repositionnement de l'activité économique mondiale pour 2007 et à plus long terme.
Pour 2007 et 2008, la croissance économique devrait se chiffrer à environ 2,5 % en Amérique du Nord et autour de 2 % en Europe et au Japon. À titre comparatif, la Chine devrait maintenir un taux de croissance avoisinant les 9 %, tandis que l'économie indienne devrait progresser de 8 %.
Le Mexique, le Brésil et certains autres pays émergents devraient aussi surpasser les pays dont l'économie est arrivée à maturité.
Quelles sont les perspectives pour l'économie canadienne? Les dépenses à la consommation ainsi que les activités du secteur de l'habitation et de la construction sont demeurées solides au Canada. En outre, le secteur des ressources, particulièrement dans les provinces riches en ressources naturelles, a très bien fait. Mais dans l'ensemble, l'économie canadienne a montré des signes d'essoufflement dû à la faiblesse dans le secteur manufacturier.
Les manufacturiers de produits destinés à l'exportation ont dû faire face à la vigueur du dollar canadien, ce qui augmente le prix des marchandises, et à la concurrence plus féroce à l'échelle mondiale. Seulement au cours des deux dernières années, quelque 150 000 emplois en usine ont été perdus au Canada. Le secteur de l'automobile a été particulièrement éprouvé.
Sur une note plus positive, les entreprises canadiennes ont accru leurs investissements en machinerie et en équipement de façon à améliorer leur compétitivité. On s'attend à ce que les investissements des entreprises soient l'un des principaux vecteurs de la croissance économique au pays pour quelques années à venir.
Enfin, les perspectives pour 2007 laissent entrevoir une faible hausse de l'inflation, une progression modérée des salaires et un possible fléchissement des taux d'intérêt vers la fin de l'année.
La place du Canada dans un monde en évolution. Le service Études économiques Scotia est d'avis que le repositionnement de l'activité économique en faveur de l'Asie et de l'Amérique latine se poursuivra, en raison du vieillissement de la population des pays dont l'économie est arrivée à maturité et de la moyenne d'âge peu élevée dans les pays en émergence.
Voici les principales tendances qui influenceront l'économie et les marchés dans les années à venir.
Le vieillissement des populations. La population des pays développés vieillit. La chute des indices de fécondité, la progression de l'espérance de vie et le grand nombre de baby boomers qui approchent de la retraite présentent de nombreux défis pour le Canada, qui devra notamment fournir des soins de santé adéquats et atténuer une pénurie de main-d'œuvre.
La jeunesse de la population des pays émergents. Contrairement au pays développés, la plupart des pays émergents affichent une moyenne d'âge beaucoup moins élevée et un meilleur taux de fécondité. Actuellement, l'âge moyen est d'à peine 25 ans en Inde et au Mexique, soit 13 ans de moins qu'au Canada.
En 2015, plus de 16 % de la population canadienne aura plus de 65 ans, comparativement à seulement 6 % en Inde et 7 % au Mexique.
La solide croissance dans les pays en émergence. Dans les pays industrialisés, le passage à plus long terme vers une population plus âgée n'aura qu'une incidence modérée sur la demande en biens de consommation.
Mais du côté des puissances économiques en développement, leurs avantages concurrentiels – notamment les salaires peu élevés et le grand bassin de main-d'œuvre – la croissance démographique et la vigueur de la demande interne pourraient donner lieu à une croissance économique soutenue pour de nombreuses années à venir.
Qui plus est, l'augmentation des niveaux de compétences et des revenus, et l'élargissement de la classe moyenne par le fait même, pourraient stimuler davantage la croissance et la création de richesse dans les économies émergentes.
Les problèmes de politique publique. Pour être en mesure de relever les défis que posent le vieillissement de la population et le ralentissement de la croissance, non seulement les pays développés devront investir dans les soins de santé et les services sociaux, mais ils devront également accorder une attention particulière à l'éducation et au perfectionnement des compétences des travailleurs de tous âges, afin de demeurer concurrentiels sur ce nouvel échiquier économique mondial.
Heureusement, la Canada est mieux placé pour relever ces défis que les autres économies à maturité en raison de sa solide position fiscale.
Que faut-il en conclure? De quelle façon serons-nous touchés par ce repositionnement de l'activité économique mondiale? Voici quelques pistes à prendre en considération – aujourd'hui et demain.
