Stratégies financières pour la «génération sandwich»
Êtes-vous l’un des 700 000 Canadiens et plus qui prennent soin à la fois de leurs enfants et de leurs parents? Si telle est votre situation, vous faites alors partie de ce que l’on désigne la «génération sandwich».
En 2004, Statistique Canada annonçait que près de 30 % des Canadiens âgés entre 45 et 64 ans avec des enfants (de moins de 25 ans) à la maison devaient aussi prendre soin de leurs parents. Comme la première vague de «baby boomers» arrive à l’âge de la retraite, les rangs de la génération sandwich prendront inévitablement de l’expansion.
Une surcharge financière
Trouver un équilibre entre les besoins de vos enfants et ceux de vos parents est une tâche ardue qui peut mettre en péril votre temps personnel, votre vie professionnelle ainsi que vos émotions. Voilà pourquoi il est important de prendre soin de vous et de privilégier une alimentation saine, de l’exercice, de bonnes nuits de sommeil et des activités spéciales pour vous ressourcer.
Mais équilibrer les besoins de deux générations peut également entraîner une surcharge financière.
D’une part, le coût des études postsecondaires continue d’augmenter, confirmant ainsi plus que jamais la nécessité d’investir dans l’avenir de vos enfants. D’autre part, la hausse des frais médicaux rend les soins pour vos parents encore plus coûteux. Et il ne faut pas oublier le fait que la majorité de ceux qui font partie de la génération sandwich sont encore à rembourser leur prêt hypothécaire tout en essayant de mettre de l’argent de côté pour leur propre retraite.
Les conseils qui suivent pourraient vous aider à mieux gérer cette surcharge financière.
Ouvrez la discussion
Bien que l’argent soit souvent un sujet délicat à aborder avec les membres de la famille, plus vous commencez tôt à parler des questions financières avec vos parents, plus vous y gagnerez. En réalité, il est probablement plus facile de parler d’argent avant qu’il soit nécessaire de le faire. Si vous avez des frères et sœurs, ne les oubliez pas.
Vous pourriez trouver plus facile de discuter avec vos parents de questions financières si vous les rencontrez dans un endroit neutre, en compagnie d’une autre personne ayant un point de vue objectif, par exemple un conseiller financier (ou un planificateur financier si les actifs de vos parents sont complexes).
Examinez les finances de vos parents
Lorsque vous abordez le sujet avec vos parents, commencez par leur demander quel type de style de vie ils souhaitent avoir. Puis, assurez-vous de passer en revue les points suivants : le revenu de retraite de vos parents, leurs dépenses mensuelles, leurs polices d’assurance, leur couverture d’assurance pour soins de santé, leur planification successorale et même leurs préarrangements funéraires. Lorsque vous avez tous ces détails en main, posez-leur les questions suivantes :
- Y a-t-il moyen de réduire certaines de vos dépenses régulières?
- Vos économies dureront-elles assez longtemps ou pensez-vous bientôt épuiser votre capital?
- Y a-t-il lieu de rééquilibrer vos placements pour augmenter votre fonds de roulement mensuel?
- Les testaments de vos parents sont-ils à jour?
- Avez-vous prévu quelqu’un pour une procuration ou un mandat d’inaptitude (au Québec) si jamais vous n’étiez plus en mesure de prendre des décisions financières?
Conseil financier. Un grand nombre d’aînés ont une attitude plutôt conservatrice avec leurs économies. Pour donner un coup de pouce au fonds de roulement de vos parents, songez à des placements susceptibles de générer des revenus plus élevés, par exemple des fonds de dividendes. Votre conseiller financier peut vous aider à examiner le portefeuille de vos parents.
Offrez de l’aide
Une fois qu’une bonne évaluation de la situation a été faite, vous aurez, avec vos frères et sœurs, une meilleure idée de l’aide à apporter à vos parents s’ils en ont besoin. Essayez de prévoir les dépenses directes et indirectes, notamment : les coûts reliés aux soins de santé, les voyages (si vous vivez loin de vos parents), une perte éventuelle de revenu (si vous deviez cesser temporairement de travailler pour vous occuper de vos parents) et des rénovations domiciliaires si vos parents devaient emménager avec vous.
Dès que vous avez, avec vos frères et sœurs, une idée de l’aide dont vos parents ont besoin, rencontrez votre conseiller financier et préparez un plan approprié pour tout mettre en oeuvre.
Conseil financier. Établir un fonds d’urgence est l’une des meilleures mesures financières que vous puissiez prévoir, notamment si vous avez des enfants à charge ou si vous pensez devoir subvenir aux besoins de vos parents avant longtemps.
Un compte d’épargne à intérêt élevé est un choix judicieux pour mettre de l’argent de côté. Il vous offrira un taux d’intérêt concurrentiel, et l’argent que vous économiserez sera toujours accessible en cas de besoin.
Donnez un coup de pouce à vos enfants
Bien sûr, ceux qui font partie de la génération sandwich essaient également d’aider leurs enfants en mettant de l’argent de côté pour leurs études postsecondaires. Dans ce cas, votre meilleur outil est le régime enregistré d’épargne-études (REEE).
Si vous ne l’avez pas encore fait, ne tardez pas et songez sérieusement à ouvrir un REEE (ou à cotiser davantage à un REEE existant). L’argent ainsi épargné s’accumule à l’abri de l’impôt, et la première tranche de 2 500 $ de vos cotisations annuelles est admissible à une subvention gouvernementale de 20 % (et même plus pour les familles à faible revenu).
Encouragez vos enfants à agir de manière responsable en matière d’épargne-études en leur offrant de leur donner la même somme qu’ils auront eux-mêmes réussi à mettre de côté pour leurs études. Pour un complément d’information sur le sujet et des conseils pour aider vos enfants à devenir financièrement futés maintenant — et toute leur vie durant — consultez notre article Guidez vos enfants vers la réussite financière que vous trouverez dans la Bibliothèque d’articles du bulletin Le Coffre.
Pensez à vous
Lorsque vous prenez soin de vos enfants et de vos parents, vous pourriez être tenté de mettre vos propres besoins de côté. Mais vous pourriez ainsi vous exposer à des difficultés financières personnelles et limiter votre capacité à vous occuper de vos proches. Voilà pourquoi il est préférable, pour vos économies à long terme, d’avoir un bon plan d’action et surtout de persévérer en ayant recours à des cotisations mensuelles préautorisées.
En réalité, les cotisations mensuelles préautorisées sont une valeur sûre, que ce soit pour un RER ou un REEE, ou même pour un fonds d’urgence. C’est la manière la plus commode et la plus disciplinée de mettre de l’argent de côté pour arriver à répondre à toutes vos obligations et à réaliser tous vos objectifs.
Le montant que vous décidez d’épargner pour chacun de vos objectifs n’est pas vraiment important. Ce qui l’est, par contre, c’est d’avoir la discipline de mettre de l’argent de côté sur une base régulière et de persévérer afin d’être en mesure d’aider vos enfants et vos parents, sans vous oublier.
